FICTION: BAZIE DEROUTE LES MICROBES




 
Archives utilisé à titre d'illustration
Depuis quelques jours, le phénomène des microbes avait  pris de l’ampleur. Il ne passait pas un jour sans qu’on entende parler d’une agression des microbes. Très souvent il y avait mort d’homme.

Comme vous et moi Bazié avait très peur surtout que son nouveau de travail  était situé dans la commune de yopougon non loin d’une pharmacie bien connue. Bazié devait chaque matin quitter Adjamé pour rejoindre yopougon en passant par la casse d’Adjamé.

Bazié avait perdu le sommeil à force de penser  et c’est la peur au ventre qu’il se réveillait chaque matin  pour rejoindre yopougon. C’est donc un de ses quatre matins que Bazié fit la rencontre de ses redoutables garnements.

C’était un de ses matins où on se réveille le sourire aux lèvres et qu’on prend la peine de saluer tous ceux qu’on rencontre sur son chemin. C’est un de ses matins où on sent la vie devant soi. Mais revenons aux faits.
Voici donc notre héros national, marchant comme quelqu’un qui a ramassé une bonne fortune.

Le voilà donc marchant au virage de la casse d’Adjamé. C’est  à ce moment là qu’une envie pressante le pris. Une envie qu’il ne pouvait pas s’amuser à reporter. La casse était le meilleur endroit pour se soulager. Pressé par son envie, il ne fit pas attention à un essaim d’enfants qui jouaient aux billes.

Alors que Bazié se soulage , un des garnements se détacha du groupe et vint vers lui et lui dit « Eh mon vieux  pourquoi tu pisses dans notre yôrô. Tu vas payer notre droit 2».  Bazié fit la sourde oreille. Il se demandait comment répondre à un enfant si mal élevé.

Le petit garçon qui devait avoir  12  ans se fit menaçant  « mon vié, faut pas chauffer mon cœur hein3 ». Notre ami ne pouvait supporter l’arrogance de ce petit garçon. Il voulut donc lui donner une belle correction mais quand il leva la main pour le frapper, il vit que les autres garnements l’avaient encerclé. Apeuré  Bazié chercha du regard parmi les gens qui passaient à proximité une aide mais personne  ne voulut s’arrêter. 

Bazié regarda ses agresseurs, ils avaient troqué leurs billes contre des objets coupants : machettes, bouteilles cassées, rasoir, brosses à dent effiler, couteau suisse.
L’un des garnements avança au milieu du cercle et ordonna à Bazié de se tenir tranquille sinon ils allaient le sôgô4. Son portable, son  porte monnaie  même la carte d'identité n’échappèrent pas à ceux que Bazié venait d’identifier comme des microbes.  Bazié n’aurait rien fait si les microbes n’avait pas décidé de le piqué piqué.
 Quand il comprit que sa docilité ne le sauvera pas. Bazié agrippa celui qui venait de le fouiller lui donna un bon coup de coude dans le dos qui le mit K.o . Les autres devinrent menaçants et foncèrent tous sur lui. Bazié sentit des brûlures sur sa peau mais aucune lame ne rentra dans sa chaire. Bazié se laissa tomber  comme mort. Les microbes le croyant mort se félicitaient « on a dja le vié môgô maudit là 6». C’est à ce moment que Bazié se saisit du pied du microbe qui était devant lui, le souleva et se servit de lui comme  on se sert d’un gourdin et commença à frapper  les autres.
C’était la débandade chez les agresseurs de Bazié. Il laissa tomber le malheureux qu’il venait de secouer et se mit à poursuivre  les autres. Mais point de microbe. Bazié satisfait de cette belle leçon donnée aux microbes continua son chemin.

La nouvelle de la victoire de Bazié se répandit comme une trainée de poudre. Sur le chemin du travail de Bazié la foule avait formé une haie d’honneur, on chantait les louanges de Bazié. Du sable jusqu'à  bel air il n’y avait que la foule. Les jeunes filles aux beaux seins venaient frotter leurs seins contre le visage de Bazié. Pour une fois Bazié avait gagné sans problème.  Comme on le dit chez nous en chaque personne se cache un super héros.

SORO Tchelina

1-Microbe : c’est un terme utilisé pour qualifier ces groupes de bandits qui agressent en plein jour dans les rues d’Abidjan. Ces sont des enfants âgés de 12 à 18 ans.
2-« Eh mon vieux  pourquoi tu pisses dans notre yôrô. Tu vas payer notre droit » :Eh mon vieux, arrête de pisser sur notre territoire.
3-« mon vié, faut pas chauffer mon cœur hein » :Mon vieux ne m’énerve pas.
4- sôgô :piqué
5- piqué piqué : transpercé au couteau
6-« on a dja le vié môgô maudit là » : On a tué le mauvais monsieur

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